25 juin 2017

Jean-Marc Baffert historien des orgues de Bourgogne


Jean Marc Baffert est décédé le 7 juin… A Lyon où nous étions étudiants dans les années 60, nous avons participé , avec aussi Henri Delorme, à la création de l’éphémère association Louis Marchand. (Ce grand organiste français du xviiie siècle a été le sujet de la thèse de Jean-Marc : La vie et l’œuvre de Louis Marchand soutenue en 1986).
A Lyon, Jean-Marc jouait alors l’orgue de l’église du Bon-Pasteur sur les pentes de la Croix-Rousse, instrument qui se distinguait principalement par la collection de chaussures abandonnées dans le soubassement par les organistes, d’Edouard Commette à Marynie Rose…
En 1974 et 75, la revue « L’orgue » publiait dans deux « Cahiers et mémoires » Les orgues de Lyon du xvie au xviiie siècle où Jean-Marc Baffert a recensé tout ce qui a concerné l’orgue dans les couvents Lyonnais jusqu’à la Révolution française. Dans ce texte publié il y a maintenant plus de 40 ans et qui reste une référence, apparaît la rigueur de sa méthode fondée sur la recherche exhaustive des sources d’archives et leur exploitation minutieuse.
Chacun poursuivant son chemin, nous nous sommes croisés épisodiquement dans divers dépôts d’archives départementales, en particulier à Clermont-Ferrand et à Dijon.
Jean-Marc Baffert portait un intérêt tout particulier aux orgues de Bourgogne (cf. son étude sur l’orgue de Semur-en-Auxois, parue dans Connoissance de l’Orgue en 1989 et 1990), et, distingué paléographe, il a trouvé et exploité maints documents des xvie et xviie siècles.
En 1996, la fédération des orgues de la Côte-d’Or (FOCO) organisait un colloque à l’occasion de l’inauguration du grand orgue restauré de la cathédrale de Dijon. A cette occasion, nul mieux que lui ne pouvait évoquer les facteurs d’orgues qui ont travaillé en Bourgogne avant les frères Riepp. De notre invitation a résulté une conférence qu’il a présentée avec sa modestie coutumière…et qui dresse le tableau le plus complet possible sur la question. Ce texte a été publié dans les actes du colloque, brochure éditée par la FOCO et restée assez confidentielle.
Les musiciens et musicologues qui l’ont connu - et d’autres- seront certainement heureux de retrouver ici (ou de découvrir) cette étude: JM BAFFERT FACTEURS D'ORGUES EN BOURGOGNE AVANT RIEPP
En diffusant ce texte, nous souhaitons garder le souvenir de cet ami, historien de l’orgue aussi savant que modeste.



16 janvier 2017

Les orgues Riepp d’Ottobeuren : 250 ans en 2016


 
Le 29 septembre 1766 était une grande fête à Ottobeuren : on inaugurait à la fois la basilique, œuvre grandiose de Johann-Michael Fischer, et les deux orgues de chœur de Riepp.

 
Ces deux instruments restent un des témoignages importants de l’œuvre du facteur. En effet au cours du temps, à cause de la Révolution française, de la sécularisation des cloîtres en Allemagne, et même avant, à cause de l’évolution du goût musical, comme à Dijon où le grand orgue de Saint-Bénigne a été profondément transformé par Richard dès 1788, les orgues de Riepp ont peu à peu disparu, détruits ou profondément transformés.
C’est dire l’importance des deux orgues d’Ottobeuren qui ont miraculeusement traversé 250 ans d’histoire sans transformation majeure (bien qu’ils aient été déjà mis au ton « moderne » par le successeur de Riepp Johann Nepomuk Holzhey ). De plus, après la disparition des orgues de Salem ils sont le seul exemple existant de la synthèse réussie par Riepp de l’orgue français avec l’orgue d’Allemagne du sud.
Il faut rendre hommage à Joseph Miltschitsky d’avoir organisé la célébration de cet anniversaire les 29 et 30 septembre dernier. Titulaire des orgues de la basilique, il leur a consacré une étude monumentale où on trouve enfin tous les détails de l’histoire de ces instruments depuis leur construction jusqu’à aujourd’hui :
Ottobeuren – ein europäisches Orgelzentrum
Orgelbauer, Orgeln und überlieferte Orgelmusik
Wissenschaftliche Beiträge aus dem Tectum Verlag: Musikwissenschaft | Band 8
ISBN 978-3-8288-3524-5
Tectum Verlag 2015
 
Un temps fort de cette célébration a été, le 29 septembre, la porte ouverte permettant de visiter en détails et d’entendre les deux instruments et aussi de circuler librement dans l’espace grandiose du chœur de la basilique, et aussi, le soir, en nocturne un concert (trop court !) de musique pour deux orgues de B.A. Pfeyll (Sonata in G) et B. Terreni (Sonata in D) interprété par Susanne Jutz-Miltschitzky. Josef Miltschitzky aux deux orgues Riepp.
Quelle émotion d’entendre ces instruments et aussi de retrouver l’univers baroque de la basilique…
Renversant !...
 
Le lendemain : Symposium, avec quelques communications (en allemand bien sûr)


 
Josef Miltschitzky :
Histoire de la construction et des restaurations des deux orgues de Riepp
Les projets de Riepp pour le 3e et un 4e orgue à Ottobeuren.
Markus Zimmermann :
Les appréciations de Jean-André Silbermann sur les facteurs d’orgues de son temps
Pierre-Marie Guéritey :
Riepp et les orgues sans tuyaux apparents (Paris, Saint Sulpice, Ottobeuren, Salem)
Le projet de Riepp et Feuchtmayer pour un orgue monumental sans tuyaux
apparents sur la tribune nord de la Basilique
(image complétée par symétrie)
Une version française de cette étude a été publiée ici-même : Charles-Joseph Riepp et les orgues sans tuyaux apparents (Pierre Marie Guéritey septembre 2014)      (merci Karin pour l'aide à la traduction allemande )
 
La présence de nombreux habitants d’Ottobeuren et des environs aux visites des orgues et aux petits concerts montre l’intérêt de ceux-ci pour ce patrimoine dont l’accès est aujourd’hui limité.
Enfin une découverte qui à elle seule valait le déplacement: la découverte des œuvres de Balthasar Riepp, cousin de Karl Joseph et peintre de talent, magistralement présentées par Josef Mair, auteur de :
Der Maler Balthasar Riepp, (1703-1764)
(Museum Verein des Bezirkes, Ehenberger-Verlag, Reutte 2003).
Le plafond de la chapelle  du cimetière d’Ottobeuren se trouve une belle fresque de  Balthasar Riepp représentant l’Assomption.de la Vierge Marie:
 
 
La signature de Balthasar Riepp
 
 

04 novembre 2016

Splendeur du Baroque à l’église de Saint-Jean-de-Losne dimanche 13 novembre 2016


Le concert proposé par la Schola Cantorum de Dijon le 13 novembre à 16 heures réunit deux des compositeurs les plus importants du 18e siècle Georg Friedrich Haendel et Jean Sebastien Bach.

Les qualités acoustiques et le décor du mobilier baroque de l’église de Saint-Jean-de-Losne avec son orgue historique de 1768 en font un cadre idéal pour ce concert consacré à des œuvres majeures du répertoire baroque.

Georg Friedrich Haendel né le 23 février 1685 en Allemagne, à Halle, est mort le 14 avril 1759 à Westminster. Il a reçu sa première formation musicale de Friedrich Wilhelm Zachow, (dont nous avons entendu la fantaisie pour orgue en ré majeur interprétée à l’orgue de Saint-Jean-de-Losne par Jean-Jacques Griesser lors de notre concert « orgue et trompes de chasse »)
Après plusieurs voyages à Berlin, Hambourg, Hanovre et en Italie, Haendel se fixe en Angleterre en 1712. Il devient vite célèbre comme compositeur d’opéras et organisateur de concerts.
En février 1727, Haendel sollicite et obtient la nationalité anglaise. Le roi George Ier meurt le 11 juin suivant et c'est Haendel qui compose les quatre grandioses Coronation Anthems (« Hymnes du couronnement ») pour chœur et orchestre, pour le couronnement de son successeur, George II.

Les 4 Coronation Anthems :
1-« Zadok the Priest » (« Zadok le prêtre ») est interprété depuis pour le couronnement de chaque souverain britannique :
Zadok le prêtre et Nathan le prophète oignirent Salomon pour le faire roi.
Et tout le peuple se réjouissait, et disait :
Dieu sauve le Roi, longue vie au Roi, que le Roi vive pour l'éternité 
Amen Alleluia !
(L'hymne de la Ligue des champions UEFA est un arrangement de cette pièce…)
2- « Let Thy Hand Be Strengthened »(« Que ta main soit plus ferme »)
Est une paraphrase du Psaume 89 :
La justice et le jugement sont les bases de ton trône ; la bonté et la vérité marchent devant ta face…
 Alléluia!
3- « The King Shall Rejoice » («  Le roi se réjouira »)
Utilise un texte du psaume 21 :
Yahweh, le roi se réjouit de ta force; comme ton secours le remplit d'allégresse!
Tu lui as donné ce que son cœur désirait, tu n'as pas refusé ce que demandaient ses lèvres…
4 - « My Heart Is Inditing » (« Mon cœur compose »)]
Cette pièce est une adaptation de versets du Psaume 45 et de Isaïe 49.
Mon chœur bouillonne d’une bonne parole ; je dis ce que j’ai composé au sujet du roi…




Jean-Sébastien Bach (1685-1750) est particulièrement connu par ses œuvres pour orgue. Au cours de ce concert, Patrice Bréfort interprétera 3 pièces de Jean-Sébastien Bach sur l’orgue historique de l’église:
Prélude en mi bémol majeur BWV 852 (du 1er livre du Clavier bien tempéré)
Choral « Christ unser Herr zum Jordan kam » BWV 684 (de la Clavierübung III)
Choral « O Mensch, bewein' dein' Sünde groß » BWV 622 (de l‘Orgelbüchlein)
Choral « O Mensch, bewein' dein' Sünde groß »

15 juin 2016

Louis Callinet

 
Le facteur d’orgues Louis Callinet, né à Ladoix (Côte-d’Or) le 19 avril 1786, mort à Paris le 2 août 1845, est assez peu connu.
L’histoire a surtout retenu les dommages qu’il a causés à l’orgue de Saint-Sulpice le 11 avril 1843, fâcheux épisode qui a mis fin à sa carrière.
Nous tenterons ici d’esquisser sa biographie, de faire une récapitulation de ses ouvrages, dont on trouve mention sans beaucoup de détails dans de nombreuses publications, nous apporterons des informations plus précises sur son travail à l’orgue de Saint-Sulpice, qui est loin de se réduire à la triste fin rappelée ci-dessus, à laquelle la célébrité de ce grand instrument parisien a donné une publicité certainement exagérée.
Enfin, après avoir indiqué quelques caractéristiques de sa facture, nous chercherons quelles ont été ses relations avec ses cousins de Rouffach Joseph et Claude-Ignace Callinet.
pour lire cet article, cliquer sur le lien ci-dessous

14 mars 2016

Prochain concert à l'église de Saint Jean de Losne

Un concert original Polyphonies corses et orgue...




Eglise paroissiale de Saint Jean de Losne, samedi 9 avril 2016 à 20h30 : concert de polyphonies corses et orgue avec le célèbre groupe a Vuciata, organisé avec le soutien de Saône Nature & Patrimoine qui aime mettre la voix en valeur ainsi que l'orgue de l'église paroissiale.
L'orgue sera tenu par Jean-Jacques Tournebise Ceruti, organiste de Forcalquier.
Ces voix venues du cœur qui, au fil des secondes qui passent, se chargent en grâce, en émotions, transportant jusqu'à nous des vagues d'une indicible douceur. Ces voix que l'on écoute presque religieusement, qui nous captivent au point que l'on hésite à les interrompre avant terme, qui par leur force et leur beauté nous amènent au bord des larmes.
A Vuciata se produit pour la première fois dans la région. Un concert à ne pas manquer !

Entrées : 15€ (gratuit – 14 ans). Rens. 033 80 79 08 33.

10 janvier 2016

L’orgue de l’église Saint-Philibert de Dijon

L’église Saint-Philibert, à côté de l'Abbaye Saint-Bénigne était l’église paroissiale du quartier où habitait Riepp. Voici quelques informations sur l’orgue (disparu) de cette église.
Le 2 janvier 1779 meurt Anne-Françoise Eve-Riepp, veuve de Charles-Joseph Riepp. On trouve dans ses papiers un « mémoire servant de compte rendu entre la dlle veuve Riepp le Sieur Rabiny et le sieur Vebvre, auquel est joint un état des paiements faits par la Veuve Riepp ». Ce document (évidemment disparu) prouve que les facteurs d’orgues Joseph Rabiny et Louis Weber étaient en affaires avec Madame Riepp.
Joseph Rabiny, établi à Dijon rue de la Porte-au-Fermerot,  paroisse Saint Nicolas, depuis 1772, avec Louis Weber, principal collaborateur de Riepp depuis 1748, avaient repris la clientèle de Riepp à la mort de celui-ci le 5 mai 1775. Ainsi, Rabiny entretient entre autres l’orgue de l’église Notre-Dame, et de l’église Saint-Michel, et en 1782-83, il reconstruit en partie l’orgue de l’église Saint-Philibert, paroisse de Riepp, (enterré sous la sacristie de cette église le 6 mai 1775, avec les macabres péripéties que j’ai racontées ici en mai 2010 :
L’orgue de Saint Philibert était alors constitué d’un positif (de dos) en bon état et d’un grand corps que Joseph Rabiny reconstruit complètement dans l’ancien buffet réparé. Dans son marché avec la fabrique, pour 1500 #, il prévoit de livrer deux sommiers à gravures intercalées avec les jeux du grand orgue : Montre 8’, Bourdon 8’, Prestant 4’, Nasard, Tierce, Doublette, grand Cornet, Trompette, Clairon, sur 50 notes (CD-d’’’) et les jeux de récit sur 32 notes (g-d’’’) : Cornet, Flûte, Hautbois et Trompette. Le clavier de pédale de 17 notes (CD-f) doit faire jouer en tirasse Trompette, Clairon, Montre, Bourdon et Prestant du grand orgue.
Rabiny s’engage à ajouter un troisième soufflet et à remettre en peaux l’ensemble de la soufflerie. Dans son devis, il mentionne que les deux grands sommiers et les trois claviers en chêne, plaqués « en blanc, et les feintes en ébène noir » sont déjà construits.
Rabiny se présente en tant que « Neveu de Riepp » aux fabriciens de Saint-Philibert, et il signe le marché « Rabiny-Riepp fac[teur] ».
C’est le sculpteur [Joseph] Duchesne qui effectue la réparation du grand buffet et de ses cariatides : « réparation de l’ancienne boiserie de l’orgue du fond et des figures qui semblent en former l’appui ».
Dijon, intérieur de l'église Saint-Philibert.
Contre ce mur ouest de l'église se trouvaient la tribune et l'orgue...
Ainsi, dans l’église Saint-Philibert, paroisse de Riepp, se trouvait un orgue de construction certainement ancienne, avec une montre de 6 pieds (Rabiny ajoute à la montre de 8’ les 4 premières notes en tuyaux de bois). On peut attribuer à Riepp l’ajout d’un positif de dos, qui, en 1782 ne nécessitait pas autre chose que la remise en peaux des soupapes. En 1782-83, l’instrument est restauré et augmenté par Joseph Rabiny.
Le probable titulaire, Nicolas Pigalle (1709 ?†5 mai 1786), organiste et facteur de clavecins, ami des frères Riepp, habitait rue Maison rouge (actuelle rue du Chapeau rouge), il fut aussi organiste à l'église Saint Jean et quelque temps à Saint-Bénigne comme "sous-traitant" de Claude Rameau.
Le 13 mars 1793, François Callinet, désigné comme expert, constate que l’instrument a été vandalisé; ensuite, on n’entendra plus parler de l’orgue de la paroisse de Riepp.
 
© Pierre Marie Guéritey,10 janvier 2016.

26 juin 2015

Anne Froidebise en concert à l'église de Saint Jean de Losne dimanche 5 juillet 2015 18h


Dimanche 5 juillet 2015 à 18h 

Eglise de Saint-Jean-de-Losne (21)

"Bach et la France"
Clavecin et orgue historique (Bénigne Boillot 1768)
Jean Sébastien Bach, Antoine Forqueray, André Raison, 
Jacques Champion de Chambonnières


Dimanche 5 juillet 2015 à 18 heures à l’église

"Bach et la France"

Clavecin et orgue historique (Bénigne Boillot 1768)

Jean Sébastien Bach, Antoine Forqueray,

André Raison, Jacques Champion de Chambonnières


Programme :

1) Suite en do mineur (clavecin)
J.S. Bach (1685-1750) :
Allemande et Courante de la Deuxième Suite française BWV 813

A. Forqueray(1671-1745) : La Sylva, La Boisson
Extraits des Pièces de viole, composées par Mr Forqueray le père, mises en pièces de clavecin par Mr Forqueray le fils ( J.B.A. Forqueray (1699-1782)

2) Kyrie en alternance (orgue)

A. Raison (avant 1650-1719) :
Premier Kyrie, gravement, de la Messe du troisième Ton
J.S. Bach: Kyrie, Gott ,Vater in Ewigkeit BWV 672, de la Clavierübung III
A. Raison : Second Kyrie, fugue grave sur la trompette
J.S. Bach: Fugue en mi mineur BWV 855
J.S. Bach: Christe, aller Welt Trost BWV 673, de la Clavierübung III
A. Raison : Christe, duo
A. Raison : Quatrième Kyrie dessus et basse de trompette,
J.S. Bach: Kyrie,Gott heiliger Geist BWV 674,
A. Raison : Dernier Kyrie, dialogue

3) Suite en sol majeur (clavecin)

J.S. Bach : Allemande, Courante, de la Cinquième Suite française BWV 816.
J. Champion de Chambonnières (1602-1672) :
Sarabande Jeunes Zéphirs, Double de la Sarabande, Menuet.
J.S. Bach : Gavotte et Loure de la Cinquième Suite française
J. Champion de Chambonnières : Gigue, la Villageoise.
J.S. Bach : Gigue de la Cinquième Suite française BWV 816.

 Anne Froidebise explique ses intentions pour ce programme :
 « Le programme de ce concert prend la forme d’un triptyque : clavecin, orgue, clavecin :
Dans la première partie du XVIIIe siècle ces deux instruments sont riches d’un répertoire composé par les plus grands musiciens du temps, en Allemagne comme en France.

On sait que Bach connaissait très bien la musique française. Plusieurs de ses pièces pour l’orgue ou le clavecin portent des titres ou des indications en français. Les suites françaises sont titrées « Suites pour le clavessin »  Des similitudes entre certaines de ses pièces et des pièces de compositeurs français ont été relevées depuis longtemps. Par exemple, le prélude de la première suite anglaise de Bach serait inspiré de la gigue de la première suite de clavecin de Charles Dieupart, le thème de la Passacaille en ut mineur est identique dans sa première moitié à la basse d’un trio d’André Raison.

Ce programme met Bach en perspective avec les compositeurs français Chambonnières, Raison et Forqueray, délaissant volontairement pour ce projet ses deux grands contemporains Couperin et Rameau.

Chaque partie du concert alterne dans un même cycle des pièces de Bach et des pièces françaises. Au clavecin, deux suites ont été assemblées en respectant l’unité tonale et le caractère des pièces d’une suite de danses conventionnelle. C’est ainsi que, dans la suite « recomposée »en do mineur, les pièces pour viole d’Antoine Forqueray, « La Sylva » et « La Boisson », prennent la place d’une sarabande et d’une gigue, alors que leur auteur ne les a pas désignées de la sorte. Dans la suite  « recomposée »en sol majeur, les pièces gardent leur titre de danse mais la confrontation vient de la grande différence d’écriture entre Bach et le claveciniste de la Chambre du Roy, né quatre-vingts ans avant lui.

Le volet destiné à l’orgue prend la forme d’un Kyrie, organisé selon le cérémonial préconisant l’alternance entre versets joués à l’orgue et versets chantés. Les pages de Bach prennent la place des parties chantées.
Ici aussi, il y a confrontation entre les trois chorals de Bach, pièces de la maturité, la fugue à deux voix, issue du Premier livre du Clavier bien tempéré, et le langage volontairement simple, fonctionnel et efficace de l’organiste français ».


Anne Froidebise
a fait ses études aux Conservatoire Royaux de Liège et de Bruxelles où elle a été diplômée pour les trois instruments à clavier: piano (classe de Robert Leuridan), orgue (classe de Hubert Schoonbroodt) et clavecin (classe de Charles Koenig). Elle a également reçu les conseils de Xavier Darasse et Bernard Lagacé lors d’académies d’été.
Son intérêt pour toute la littérature de l’orgue lui a permis de se produire sur de nombreux instruments d’esthétiques différentes, anciens et modernes, réputés ou moins connus.
En musique de chambre elle a été associée pendant une vingtaine d’années aux flûtistes Jean-Paul et Emmanuel Pirard avec lesquels elle a donné de très nombreux concerts en Europe et aux Etats –Unis. Comme claveciniste elle a joué à plusieurs reprises l’intégrale des sonates de Bach pour flûte et pour violon. Elle s’est produite en soliste avec l’orchestre philharmonique de Liège  et différents orchestres de chambre.
Sa discographie est importante, plus de vingt enregistrements
L’enseignement représente une grande partie de sa vie de musicienne. Professeur d’orgue au Conservatoire Royal de Liège et professeur d’orgue et de clavecin au Conservatoire de Verviers, elle rencontre chaque semaine des étudiants et élèves de tous âges et de tous niveaux, du débutant enfant ou adulte au jeune professionnel au seuil du métier. 
Soucieuse de faire mieux connaître l’orgue et sa musique, elle poursuit, au sein de l’association « Art et Orgue en Wallonie »une action de sensibilisation du public par l’organisation de concerts, d’exposés et de visites guidées, en collaboration avec différents partenaires.

Membre de la Commission Royale des Monuments, Sites et Fouilles de la Région Wallonne de 1992 à 2014, elle est actuellement vice-présidente de la Fédération Francophone des Amis de l’Orgue (FFAO).